Depuis l’âge de sept ans, Charlotte est mise au régime. Le premier attaque sa « légère surcharge pondérale » à coup de fromage allégé, concept qui déjà à l’époque, lui paraît douteux.
À son corps défendant, son ventre la classe dans le camp paternel, celui de la crème anglaise et de la cuisine au beurre.
Enfant, elle n’a pas tout de suite le sentiment de devoir choisir, mais il existe pourtant deux camps opposés. Il y a celui de la cuisine à l’huile d’olive face à celui de la cuisine au beurre ; de la gauche réformiste face à la droite poujadiste ; de la politesse effacée face à celui du verbe haut ; de la féminité face à la virilité ; de la minceur, face au gras. Son corps a choisi pour elle : elle se situe dans le camp du gras.
Elle a du ventre, sa mère n’en a pas. Selon la légende, à l’adolescence, sa mère aurait été « grosse ». Elle en parle comme d’une erreur de parcours : « je mangeais deux bananes en dessert ». Cela l’a visiblement marquée à tout jamais, car elle tient à son poids : 54 kilos. Charlotte a dû faire 54 kilos vers 14 ans. Et puis, elle n’a plus jamais fait 54 kilos.

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