Hermann arriva par un chemin accidenté, difficilement praticable en voiture. Il décida donc de continuer à pieds. Il sortit de la pinède pour déboucher sur une lande lorsqu’une bourrasque de vent le surprit. Il referma son manteau, mit son bonnet de laine et observa le paysage. Il était entouré d’ajoncs et de bruyère. Plus loin, la lande couleur tabac ondulait et se hérissait par instants.
Derrière quelques pins, très vieux et presque totalement pliés par les vents, il aperçut une maison basse, dont la façade blanche était abîmée. Il s’approcha, doutant qu’il fût au bon endroit. À quoi s’attendait-il ? Il se trouvait face à ce qui ressemblait à une petite maison de pêcheur, au milieu d’un environnement totalement sauvage. La vue était cependant splendide.
L’océan s’étendait face à lui, de gigantesques rochers émergeaient à quelques dizaines de mètres de la côte, tels des dos de dinosaures partiellement immergés et recouverts de végétation basse et rare, sur lesquels une colonie de goélands bruns nichaient. Continuant sur le petit chemin, il se dirigea vers le portillon écaillé. Devant la porte, il chercha un nom. Rien n’indiquait qu’il fût sur la propriété des Mangin. Des coquillages et des galets étaient alignés près d’un vieux pot de confiture, transformé en cendrier de fortune. « Framboises, 2002 » était inscrit sur une étiquette qui partait en lambeaux.
Il mit la clé dans la serrure et tourna le verrou. La porte s’ouvrit, il était donc bien à La Saline.

Laisser un commentaire